Ai vu The Assassination of Trotsky de Joseph Losey (1972) mettant en vedette une brochette de grands acteurs de l'époque. Avec le recul, toutefois, ça fait drôle de voir Romy Scheider en passionara de la révolution marxiste. On arrive quand même à y croire un peu. Alain Delon en assassin psychopathe? Ouais, un peu. Ça reste dans son registre naturel, pourrait-on dire. Mais Richard Burton en Trotsky penseur et praticien de la théorie marxiste, ça commence à ramer. Il est vrai que ce dernier, avant de faire les choux gras de la presse à scandale, avait quand même joué du Shakespeare. Je dis ça de mémoire, je peux me tromper... Globalement, j'ose dire que le casting donne une drôle d'impression, quand on sait que dans la vraie vie ces acteurs ne se déplaçaient - et se déplacent encore - que d'hôtels cinq étoiles à un autre. Mais à ce compte-là, cette observation est tout aussi vraie pour Warren Beatty dans Reds et Bonnie & Clyde et toute la ribambelle de films rebelle hollywoodiens. J'aime cajoler l'idée que quelques uns y échappent. Quelqu'un comme Mickey Roorke, par exemple. Googlez-le pour en avoir le coeur net.
Toujours au sujet de ce film, à un autre niveau, il montre bien l'impasse de la discussion politique. Oubliez l'étiquettage des clans politiques en cause à l'époque de Staline ou à toute autre époque et retenez seulement le principe de l'opposition des conceptions et des idées. En d'autres mots, les civilisations sont habitées de groupes de pression s'opposant les uns les autres. Les révolutionnaires d'hier deviennent inévitablement les réactionnaires du lendemain. Comme quoi, il n'y a que les rapports de force qui comptent, non l'échange d'idée. Ici Staline ne pouvait souffrir l'idée que Trotsky continuait à émettre des idées qui portaient ombrage à son culte de la personnalité. La peur de l'autre, celle qui éveille les réflexes tribaux propres à l'Homme dans ce qu'il a de plus ordinaire, cela me fait penser au livre culte de l'auteur nobellisé (à juste titre) Elias Canetti, Masse et puissance. Un livre dont on ne parle jamais assez. La conclusion de cette oeuvre, malgré une lecture remontant à plusieurs années, m'habite encore. Une telle vision lucide du monde et de ses enjeux, voilà bien le traitement de choc dont beaucoup de nos décideurs et citoyens ont le plus grand besoin.
C'était mon éditorial de la semaine. Désolé si je ne vous donne pas tout cuit dans le bec.
***
Oui, je sais que c'est un caprice mais je n'ai pu résister... Un Power Winder A2 pour mon Canon A-1... Kechitt-kechitt-kechitt-ket...
Il y a la photo et il y a l'arrière-scène, c'est-à-dire l'espace où se rencontrent les photographes de tout acabit.
Et parmi cette foule d'amateurs et de passionnés, il y a les revendeurs d'accessoires. Tout un monde en lui-même.
Il m'est d'ailleurs arrivé récemment de comprendre qu'à part le plaisir lui-même de la photographie, peut-être y a-t-il aussi la fascination de rencontrer des esprits retors, qui ont beaucoup plus l'esprit d'un colporteur de brosses que celui d'un artiste.
Ils vendent n'importe quoi et à des prix souvents exorbitants. Ils sont de cette race de revendeurs pisantins qui cherchent à vous refiler un Tour de Pise baromètre en simili-plâtre à 20 fois le prix de sa véritable valeur. Si vous l'achetez au prix offert, c'est que vous êtes un imbécile fini.
- Entre toi et moi, je te dirais que (...)
- Je fais encore de l'argentique comme toi, mais ça me fait plaisir de te vendre cette lentille culte dont les ignorants du numérique ne se servent pas du tout...
- Quel milieu, tout de même!
- Tu ne trouveras cette pièce nulle part ailleurs.
- À tel encan, fais attention à tel revendeur dont la table est à droite en entrant. Il est toujours accompagné de son frère jumeau. Ils te refilent du stock pourri, les trois-quarts du temps. C'est moi qui te le dis. En passant, j'ai un filtre Hoya UV pour toi. Un prix d'ami... Ou encore, c'est autre accessoire compatible avec tous les boîtiers connus (?), suffirait d'une bague adaptatrice. Malheureusement, ça ne marche pas avec les montures FD, à moins que tu mettes la main sur une pièce particulière...
Etc., etc., etc...
C'est tellement mignon que ce spectacle!
L'Homme dans toute sa grandeur et ses innombrables petitesses. C'est tellement beau... Merci d'exister, chers revendeurs!
Ça fait du bien de s'immerger de testostérone, de se laisser saturer de masculinité, de se débarasser de cette pensée rectitude-tout-le-monde-il-est-gentil.
Alors j'écoute de temps en temps "Crinqué", version française de Crank. Avec l'enfoiré de Jason Statham.
Quand j'étais adolescent, il m'est souvent arrivé de parler politique et société avec mon père. L'ennui, c'est qu'il s'en lassait rapidement.
- Fils, le monde est mené complètement par la pègre.
Et voilà qui mettait fin à la discussion. J'avais beau lui faire valoir que la démocratie, c'est la voix et la volonté du peuple, il y avait quelque chose qui clochait dans ma démonstration. Et lui de lever les yeux au plafond.
Il avait raison même s'il n'avait pas "d'instruction". Et c'est peut-être parce qu'il n'avait pas "d'instruction" qu'il avait une pensée claire, non contaminée par la finesse de la dialectique de l'endoctrinement des études "supérieures". Il allait droit au but et ainsi il voyait clair. Cette approche se perd de plus en plus dans ce monde rapiécé de pensées magiques et inutilement complexifiées.
Les années suivantes n'ont que confirmé son affirmation laconique.
Vous voulez faire de la politique et vous croyez que vous pourrez faire valoir vos idées civiques sans avoir de compte à rendre à personne? C'est une grave erreur. D'abord, vous avez des alliés naturels à satisfaire, ensuite vous devez faire attention à ceux qui vous encouragent financièrement. Au bout du compte, vous vous rendez compte que vous n'avez QUE des comptes à rendre.
Et la liberté est foutue.
Vous voulez faire du commerce? Vous voulez vendre des pommes et vous pouvez les vendre à un prix compétitif? Vous ouvrez un kiosque et vous faites des affaires d'or parce que vous avez un fournisseur qui vous les refile à des prix fantastiques. Puis, quelques jours plus tard, un "représentant" vient vous dire que les autres vendeurs de pommes n'aiment pas que vous les offriez à un prix si extraordinaire. Il réussit rapidement à vous convaincre (peur, menaces, flatterie: dans l'ordre ou dans le désordre) et vous vous alignez sur le prix officiel.
Même mécanisme dans le monde des blanchisseries (teinturier chez les Français), les pompes funèbres et tout le reste de ce qu'on appelle l'économie de marché libre.
L'exemple le plus éloquent qui se joue à la grandeur du monde libre, c'est le marché de l'essence. À part quelques variations de quelques cents dans une région donnée, on vous vendra l'essence à un tarif très comparable établi par ceux qui pensent pour vous.
Welcome to the real world. Un monde de cliques et corporatif.
C'était mon éditorial pour vous préparez aux élections municipales de demain. Vous croyez avoir la liberté de choisir votre maire. Vous avez encore cette liberté, sauf qu'elle s'arrête là. Après les élections, les véritables affaires vont reprendre.
Hé!
Pour mes amis français, un petit clip de Grand François qui va dans le même sens:
Longtemps, j'ai été un bien piètre consommateur pour la bonne raison que je ne dépensais pas, n'ayant pas le blé pour me considérer comme un client.
(Hein, avec "longtemps" en début de phrase, ça fait Proust et ça donne un frisson... Hé, hé, hé!)
Puis, j'ai commencé à émerger tranquillement, ie à avoir un peu de pouvoir d'achat et ainsi apprendre à consommer.
Sauf que je suis encore un bien piètre consommateur. Raison? J'ai pas la patience de faire la tournée des commerces ni d'astiquer une annonce après l'autre afin de faire des comparaisons.
Disons que je me contente d'un survol - une vue panoramique de l'affaire - avant de faire mon choix.
Et je me fais avoir encore de temps en temps, bien entendu.
J'ai d'ailleurs compris depuis un bon bout de temps que la prospérité des uns est le résultat de la misère de beaucoup d'autres. En économie, oserais-je dire, il n'y a pas de miracle: que des laissés-pour-compte et quelques enfoirés qui ont pigé le rare bon numéro.
Et dans toute cette panoplie de comportements, il y a le consommateur vigilent tel que démontré par Grand François, lequel me fait marrer la plupart du temps...
Il y a des moments réellement charnières dans une vie.
Juste hier, après avoir été faire un tour à la BNQ, je montais dans le métro de la ligne orange, quand, une fois la rame en marche, je me suis rendu compte qu'il n'y avait pas de place assise.
J'en ai pris mon parti bien que j'eusse aimé lire tranquillement tout en étant assis.
Puis, une jeune femme accompagnée de son ami me fit aimablement signe pour me dire qu'il y avait un siège de disponible.
Pourtant je n'avais pas râlé... Je lui fis un sourire et me dirigeai vers le siège.
C'est la première fois qu'on m'aide pour ce genre de chose. Je compris alors que j'étais devenu vieux aux yeux des jeunes.
Cette politesse qui tue... Et pourtant, j'aime mieux cette politesse que l'indifférence.
Hé oui, de retour parmi vous, sur la planète blogue...
Juste un petit mot pour encore parler de l'Homme et de sa fragilité.
Au niveau municipal, on apprend qu'il y a de la corruption chez nos politiciens, que les entrepreneurs en construction arrosent les élus pour s'assurer de futurs contrats (un 3% sur tous les contrats tombent dans les caisses des partis), que telle centrale syndicale est noyautée par la pègre, que des partis provinciaux seraient en cheville avec le monde interlope, que, que, que...
Tout cela est fort attristant.
Souhaitons-nous une ère plus digne de l'Homme et de son besoin de vivre dans un monde plus harmonieux, juste et sain.
Mais entre les souhaits et la réalité, il y a un monde de différence, de sorte que l'Homme aura toujours besoin d'être réassuré et finira toujours par être déçu.
J'aime bien l'Homme, ne serait-ce parce que j'en suis un moi-même, mais alors comment réussirons-nous à rendre l'Homme enfin en paix avec lui-même, donc moins tourmenté?
Ayons donc une pensée humaine pour l'Homme et sa quête d'authenticité.
Très chers visiteurs, je suis forcé d'arrêter momentanément l'écriture de mes billets pour la simple raison que je fais remettre en ordre mon ordinateur, une vieille "bagnole" de quelques années déja.
Un copain s'en occupe.
De retour dans quelques jours.
Je vous ai écrit tout spécialement d'un café internet...
- Des voisins découvrent que le supposé épouvantail sur le balcon d'une maison du quartier n'est pas une décoration, mais un vieil Américain décédé sur sa chaise berçante il y a quelques jours déjà. Solidarité humaine... Histoire vraie.
- Une Arabe découvre sur le cellulaire de son mari qu'il lui avait donné comme surnom Guantanamo... Elle a demandé le divorce sur-le-champ, après, sans doute, 17 années de bonheur et d'harmonie... Guantanomo, mon amour: le titre de la biographie à venir du mari rejeté. On va se l'arracher dans les kiosques... ;)
- La corruption de la classe politique. Quand une affaire remonte à la surface, la plupart d'entre eux - sinon tous - nient fermement et formellement être partie prenante de pots-de-vin et autres malversations. Ça me fait penser à certains athlètes qui ont été accusés de doping. Tous de refuser l'évidence jusqu'à l'exposition des dernières évidences. Je salue les vrais!!!
Parfois l'Homme est triste.
- Sur le combat entre le Bien et le Mal. C'est le thème éternel du cinéma américain. Ce qui m'étonne dans ce genre de film, ce sont les dialogues, comme si le Bien et le Mal devaient verbaliser sur l'objet de la discorde. Mais nous savons tous que les véritables ennemis ne se parlent jamais parce qu'ils savent déjà pourquoi ils se disputent. L'argumentation est un artifice du cinéma permettant de jouer avec les fantasmes du cinéphiles. Dans la vraie vie, il n'y a pas d'argumentation, car tous ont lu Schopenhauer et L'Art d'avoir raison...
- Nicolas Sarkozy soutient la candidature de son fils Jean au poste de président du quartier de la Défense, un endroit stratégique de la finance et de l'économie française où se gèrent régulièrement des sommes d'argent astronomiques. Jean Sarkozy, 23 ans, n'est qu'en deuxième année de droit, sans aucune expérience des affaires! (Pourquoi ce type passe en avant de tout le monde?) Et le père, dans la même journée, de défendre l'idée du succès allant au plus méritant, du coup, il récusait les droits liés à la naissance...
Parfois l'Homme est plein de contradictions, quand il n'est pas de mauvaise foi.
- La vie est quelquefois comme une ruelle sans adresse civique. Aucun sens et pourtant il faut s'y faire...
Il y a de ces anecdotes qui méritent d'être racontées, ne serait-ce que pour montrer par quels états d'âme on peut passer tout au long du déroulement d'un événement.
Quoi qu'il en soit, c'était quelque chose de banal aux yeux de la vaste majorité des gens, si seulement cette anecdote a pu être remarquée par quelqu'un d'autre que l'acteur principal et moi, le témoin, votre humble serviteur.
Il s'agissait d'un passager de bus lisant un livre. Comme il n'était pas couvert - voilà une bonne habitude qui tend à disparaître, tant les gens commencent à camoufler leur livre de peur d'être jugés sur leur style de lecture -, j'ai pu voir que c'était l'essai intitulé Portrait du colonisé d'Albert Memmi.
Dois-je signaler que le lecteur était un Asiatique dans la cinquantaine bien entamée? Oui, je pense que la précision est utile à faire. Cette seule observation m'a d'ailleurs fait réfléchir sur la langue d'usage de cette personne.
C'est de manière tout à fait naturelle que je lui adressai la parole. Je compris rapidement qu'il ne faisait que baragouiner le français: le type apprenait le français à partir de ce bouquin à l'aide d'un dictionnaire de poche. Je voyais les caractères mandarins - était-ce du mandarin? - sur les marges des pages. Hallucinant.
J'étais en fait abasourdi.
Cela me rappelait mon apprentissage de l'anglais à une autre époque, sauf que je n'avais pas eu à franchir la barrière d'un nouvel alphabet. Et voilà que cet homme, la cinquantaine bien entamée, s'était donné comme mission d'apprendre le français à partir de cet essai.
Est-ce que cet essai était écrit par un néo-Québécois? J'ai cru deviner que ce livre avait été publié par un éditeur de la rue St-Denis. L'Asiatique a d'ailleurs pris la peine de me pointer du doigt l'information à ce sujet. Comme la publication remonte aux années '50, cet éditeur est fort probablement disparu depuis belle lurette. Le nom, en tout cas, ne me disait rien qui vaille.
Je le saluai en me promettant de creuse le filon Memmi dès que je pourrais. En le quittant, je me suis retourné pour le regarder encore une fois et j'étais sidéré et étonné de constater qu'il existe encore des êtres humains capables de s'arrêter pour lire et réfléchir. J'avais presque les larmes aux yeux!
Topo sur le livre:
« Un homme est ce que fait de lui sa condition objective. »
1957. Cela fait un an que le pays d’Albert Memmi, la Tunisie, s’est dégagé de la domination coloniale française. Tunisien, l’auteur fut un colonisé ; Juif, il fut en quelque manière un indigène privilégié, tourné (grâce à la bienveillance de la République coloniale) vers la France et sa culture. En somme, il fut sous le joug français « une espèce de métis de la colonisation, qui comprenait tout le monde parce qu’il n’était totalement de personne ». Cette compréhension, Albert Memmi la mit à profit dans l’écriture d’un ouvrage lumineux, remarquable et prophétique, proposant deux portraits. Deux portraits qui se réclament « d’une expérience, mise en forme et stylisée, mais toujours sous-jacente derrière chaque phrase », mais qui dessinent un propos universel, une fresque saisissante d’une situation qui « était le lot d’une multitude d’hommes à travers le monde » – la situation coloniale, situation de domination absolue d’un peuple sur un autre.
Ces deux portraits, s’il faut les faire séparément, ne peuvent se penser l’un sans l’autre : le colonisateur et le colonisé se sculptent l’un l’autre, comme les deux termes de la relation coloniale.
J'avais d'abord cru que c'était le témoignage d'un immigrant au Québec. Mais à lire le résumé de l'essai, cela reste quand même une belle introduction à la réalité québécoise, même à l'heure actuelle...
Surtout à l'heure actuelle...
***
Parlant de colonisation, le clown intersidéral Guy Laliberté a finalement pu faire le show pour l'eau et la planète.
Tout en anglais... Pas un seul mot pour rappeler d'où lui-même est originaire. Décidément, la survie de la planète passe par l'anglais...
Je faisais récemment un pélerinage sur le Chemin du Roy (la 138, comme on dit par che'-nous).
J'ai pris quelques photos ici et là. En voyant un truc intéressant, je coupais le moteur, sortais ma caméra numérique et faisais un snap-shot, histoire de rendre ma balade un peu créative.
À Pointe-du-Lac, je suis arrêté au manoir de Tonnancour où j'avais jamais mis les pieds. Dans la cour arrière, une étendu d'eau retenue par un petit barrage.
Pas de doute, les seigneurs d'autrefois savaient y faire...
Puis, je rallumai la radio et j'ai eu un coup au coeur. Crimson and clover que je vous offre gratis!
J'aime faire mes emplettes dans un super-marché pour une clientèle presque pauvre avec de vrais pauvres parsemés ici et là perdus dans la foule des clients. C'est un profil qui se rapproche un peu de l'humanité en entier, celle qu'on ne voit qu'à la télé et qui vit tantôt aux bords du Gange, d'autres tantôt près du fleuve Jaune.
Cette clientèle-là, qu'une chaîne bien précise réussit à attirer, est la plus rassurante du monde. Ils font leurs petites affaires tranquillement et s'arrangent pour ne pas déranger personne. Le propriétaire "X" savait ce qu'il faisait quand il a conçu les lignes directrices de son affaire. Dans tout le lot de ses produits, il y a quelques produits haut de gamme (quelquefois en solde, juste pour égailler la masse des petits consommateurs) pendant que le reste des allées regorge de produits ordinaires et quelquefois déclassés. J'imagine les acheteurs principaux de cette chaîne se pointer le bout du museau au Marché central, le mercredi matin, avec une liste bien précise des targets à ne pas manquer. Bravo pour votre approche, c'est bien mérité.
- "Y a une tache sur ta tomate? Pis? Kessé ça peut faire? Même chose avec ton orange. Compte-toé chanceux d'en avoir une." Genre réplique qu'on pourrait entendre dans les allées de fruits et légumes mais qu'aucun client ne formulerait jamais parce que la règle est imprimée (non, tatouée) dans leur cerveau. La survie avant toute chose. Voilà comment ils voient les choses. Et ils ont foutrement raison.
J'imagine toutes sortes de scénarios en voyant la tête du consommateur moyen de cette chaîne. Ils ont compris les règles et s'y adaptent merveilleusement bien. Ils poussent leur caddy avec un renoncement proche d'un prêtre tibétain. Lentement mais sûrement. Avec une conviction qui dépasse l'acharnement d'un tribun militaire romain à la tête de légionnaires en route pour calmer la tumultueuse Germanie dans son nième invasion de barbares.
Le soir, au souper, la femme du proprio lui demande comment la journée s'est déroulée.
- "Parfaitement", que dit le proprio entre deux mastications. Probablement des côtelettes de porc récupérées au tiers du prix au Marché central, résultat d'une connection avec les Mexicains. Une idée comme ça.
- "T'as mis de l'ail comme j'aime, chéri. Merci! Il faut faire comme dit le Dr Béliveau: ne mangez pas de l'ail juste de temps en temps mais à la pelletée. Ça éloigne le cancer!"
Moi j'en mets même sur mes rôtis le matin. Hé!
Mais cette journée parfaite, il la doit aussi à son personnel. Là, j'en aurais pour des centaines de paragraphes à faire l'apologie de son sens ultra-aiguisé pour dénicher un personnel rare, consciencieux, poli, vaguement ennuyé mais constamment focusé. Je brûlerais de lire le genre de formulaire qu'il a rédigé et le genre de questionnaire qu'il a inventé pour sélectionner ces employés.
Cela relève du génie marketing. Et personne pour en parler, sauf moi bien évidemment.
J'avise une commis qui ferme sa caisse. Adroitement, sans histoire. Avec le panneau "Caisse fermée" en début de tapis roulant. Je remarque son joli visage sur lequel sont plantés quelques trucs métalliques en acier trempés. On dirait une ancienne gothique recyclée à moitié, n'ayant réussi son intégration qu'à mi-chemin de son parcours Je retourne au travail après avoir galéré trop longtemps. Le soir, elle doit allumer des chandelles parfumées à l'encens dans un environnement où l'abat-jour projette un rouge bourgogne sur les murs de son appartement. "Enfin, je relaxe, pas de clients mongols à satisfaire!" Elle sirote son vin rouge tranquillement entre deux aspirations bien profondes de sa cigarette. "La paix, stie!" Les deux pieds sur un ottoman tout neuf, le seul luxe de sa réintégration.
La caissière gothique me remarque et tourne son visage à la Amy Lee vers moi et je fais tout de suite semblant de regarder le plafond. "Je rembarque pas dans un truc gothique. Une fois suffit..."
Chaque caissière a son histoire comme chaque client a le sien.
Et ils se retrouvent tous dans le même super-marché chapeauté par son inventeur de génie qui sera célébré sans doute dans une dizaine d'années pour son approche visionnaire du commerce des aliments, un peu au même titre que le fondateur de McDonald's , Ray Kroc, et ses repas (!) minute. C'est une secte secrète, tout le monde le sait, sauf qu'on ne le dit à personne.
J'ai hâte à la semaine prochaine... Je sors du super-marché en attendant Xanadu, une musique ultra-kitsch problablement programmé par le proprio génial qui a compris sa clientèle qui veut rêver sans trop d'effort entre une pomme de laitue et deux navets.
"Xaaaa-naaaa-duuuu" qu'on entend la chanteur seriner. Et la clientèle d'être presque heureuse.
Moi, je réentends dans ma tête une autre musique kitsch, celle de "My immortal". Chacun ses kétaineries. Yo! C'est pour cela que je vous balance "Xanadu" en guise de conclusion. Olivia Newton-Jones dans son prime time, qui dit mieux!
J'avais l'habitude d'acheter mon sandwich et ma salade à l'épicier du coin. Après quelques visites, je me suis rendu compte que le commis-propriétaire-épicier-caissier mettait la cuiller ou la fourchette en plastik (sic) dans le sac en tenant l'ustensil par son gros pouce.
Le même pouce qui manipule viandes, aliments, argent et touches de sa caisse. Et peut-être même autre chose dans le courant de la journée...
La fois suivante, je lui ai fait remarquer que je préférais qu'il prenne l'ustensil par l'autre bout: le manche, gériboire!
- Fallait le dire, monsieur. Ça me fait plaisir de vous éviter des inconvénients.
- C'est trop gentil, monsieur. (Pas croyable une méconnaissance des bases hygiéniques dans un tel commerce.)
En sortant du commerce, je voyais un panneau sur lequel était écrit: "La satisfaction de notre clientèle est notre préoccupation première."
Mettons.
****
Sur les principales artères de Montréal, il m'arrive souvent d'être bloqué par un automobiliste qui utilise deux voies en même temps.
J'aimerais connaître plus intimement un imbécile de ce genre, juste pour sawoir (sic) ce qui se passe dans son cerveau et lui poser cette question qui me brûle les lèvres:
- Pourquoi, ô imbécile, utilises-tu deux voies en même temps?
****
Photo mystère. Je ne comprends vraiment pas l'idée dans ce message, à moins que l'on ne soit jamais saoul avant minuit... :
Le Juke-Box est au bas de la page, au sous-sol. Gracieuseté Playlist pour les aimables visiteurs...
Je m'occupe du tabac, du bar, de la caisse et de quelques autres trucs...
Pour les savonnettes, débarbouillettes, serviettes, draps, oreillers et shampooing, s'adresser aux femmes de ménage.
Je fais le last-call à l'heure qui me convient. Cela veut dire qu'après cet appel je ne suis plus responsable de rien... Hé!
La Direction (Trader) ;)
Qui êtes-vous ?
Trader
Trader, le taulier de ce blogue, espère que ses intérêts variés et surprenants auront le don de susciter votre attention.
Pas d'os dans le fromage, tout est réglo.
No sweat! ;)
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Lady Gaga - Bad Romance
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Un ami m'a dit qu'il s'agissait d'un démo d'une nouvelle version de Lady
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Nouveau blog
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Pour ceux que ça intéresse, je lance un nouveau blog sur le serveur...
Il y a 7 mois
Méditation du Sage
"Le temps court et s'écoule et notre mort seule arrive à le rattraper. La photographie est un couperet qui dans l'éternité saisit l'instant qui l'a éblouie."
Henri Cartier-Bresson
Quand tout aura été expliqué par la science, on ne sera pas plus éclairés.